Partager l'article ! Lettre ouverte au Ministre Christian ESTROSI par Pierre CHAPIGNAC: LETTRE OUVERTE A UN MINISTRE QUI NOUS SOUTIENT (Extrait) Je m’adress ...
Ce blog a été créé suite à l'Université d'été des SPL, clusters et Pôles de compétitivité, organisée à Bordeaux , le 11, 12 et 13 septembre 2006. Vous pouvez retrouver les informations et documents rattachés à l'Université 2006 en cliquant ici
Il permet aujourd'hui de suivre les manifestations menées par le CDIF, notamment les Rencontres de l'Innovation de Services (RIS) qui auront lieu en juin 2007.
>> Présentation des RIS :
Pourquoi participer aux RIS ?
Pour :
- Identifier les bonnes pratiques
- Mesurer les enjeux
- Repérer le champ des possibilités en matière d'innovation de service
- Initier des échanges qui se poursuivront après les RIS et qui aboutiront à des projets opérationnels
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Monsieur le Ministre,
Vous nous avez fait l’honneur de venir à l’Université d’Eté du CDIF et de faire, avec le président ROUSSET, l’ouverture de cette manifestation. Quelques temps auparavant, vous aviez reçu personnellement une délégation du CDIF montrant toute l’attention que vous portiez aux réseaux de PME et à leur impact sur l’économie des territoires. Vous en avez tiré un certain nombre de décisions que vous nous avez présentées le 11 septembre, à Bordeaux. Il paraît donc naturel de vous remerciez au nom de tous ceux qui, chefs d’entreprises, élus, responsables de clusters ou consultants, consacrent depuis plusieurs années leur énergie à ces dynamiques. [Lire la suite]
Monsieur le Ministre,
Vous nous avez fait l’honneur de venir à l’Université d’Eté du CDIF et de faire, avec le président ROUSSET, l’ouverture de cette manifestation. Quelques temps auparavant, vous aviez reçu personnellement une délégation du CDIF montrant toute l’attention que vous portiez aux réseaux de PME et à leur impact sur l’économie des territoires. Vous en avez tiré un certain nombre de décisions que vous nous avez présentées le 11 septembre, à Bordeaux. Il paraît donc naturel de vous remerciez au nom de tous ceux qui, chefs d’entreprises, élus, responsables de clusters ou consultants, consacrent depuis plusieurs années leur énergie à ces dynamiques.
Il me paraît cependant important d’attirer votre attention sur la question de l’innovation telle que nous la percevons au niveau du terrain. L’innovation est multiforme. Elle concerne les produits mais aussi leur commercialisation, leur distribution. Elle concerne les moyens techniques de production mais aussi l’organisation. Elle concerne enfin le service, c’est à dire la capacité à offrir un « plus service » qui apportera la valeur ajoutée qui fera la différence.
L’innovation technologique n’est pas la première approche du patron de PME car, sans parler de la taille des investissements nécessaires, il s’agit souvent d’un processus assez long au regard des échelles de temps de la PME. L’action collective dans le domaine dela R&D se heurte aussi à une culture de l’indépendance des petites entreprises et à un culte du secret qui, même s’il n’est pas toujours pertinent, reste ancré dans la mentalité des chefs d’entreprise.
Néanmoins, cette réalité n’exclut pas la perspective de l’innovation technologique et de l’engagement dans la R&D. Mais cela est l’aboutissement d’un processus qui commence par des « petites » innovations non technologiques. Je vous citerai un exemple. Le SPL « Professions Mode » de Marseille (www.professionsmode.com) est en train de bâtir un outil de services qui fournira un environnement renforçant la compétitivité des entreprises marseillaises de la mode, qui donnera une attractivité qualificativement supérieure au territoire et qui positionnera cet outil comme un maillon stratégique dans la chaîne de la valeur ajoutée désormais mondialisée. Il n’y a là aucune innovation technologique. Et pourtant, la dynamique de services ainsi créée appelle un saut qualitatif en matière de traçabilité.
Le SPL n’a pas les moyens de lancer son propre programme de R&D. D’ailleurs cela aurait-il un sens ? Il en résulte un partenariat avec le pôle de compétitivité SCS qui, grâce aux entreprises de la mode, va disposer d’un pilote. De la même façon, ce SPL veut faire de l’innovation commerciale, la question de la distribution étant un enjeu vital pour les marques moyennes, il sera donc confronté à l’utilisation du numérique. Pour ce faire, il travaille aujourd’hui avec l’Echangeur. Il envisage aussi un partenariat avec le pôle TECHTERA (textile technique, Rhône-Alpes) pour les questions de matériaux (nouvelles fibres, nouveaux textiles, etc.). Ainsi, le SPL Profession Mode ne fait pas d’innovation technologique au sens strict du terme. Mais, sa démarche résolument innovante en fait une locomotive pour l’innovation technologique.
Cet exemple n’est pas unique et je l’évoque parce que j’ai l’avantage de bien le connaître. Il en ressort une règle importante que les Pouvoirs Publics ne prennent pas suffisamment en compte : en partant de « petites » innovations à leur portée, les jeunes clusters de PME initient une dynamique qui apporte des résultats relativement rapides en terme de compétitivité. Le renforcement de cette dynamique, fruit des résultats obtenus, conduit tôt ou tard à la question de la R&D. Et, pour résoudre cette question, la solution optimale est de s’allier avec un Pôle de Compétitivité ou, s’il n’existe pas, de contribuer à son émergence.
Ainsi, cette vision étendue de l’innovation permet de construire une dynamique qui tire toute l’économie. Elle constitue également le trait d’union opératoire entre les « petits » clusters que sont les SPL et les pôles de compétitivité. Accessoirement, cela nous permet de sortir des débats d’entomologistes sur la différence entre clusters, SPL, pôles de compétitivité et autres espèces rares, ce qui nous fera certainement gagner du temps !
En espérant être utile à votre mission comme à la dynamique des clusters, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Pierre CHAPIGNAC
p.chapignac@riviereconsult.com
06 83 63 70 90
La lettre ouverte au ministre est bien polie. Cela fait plaisir de voir des gens respectueux de l'autorité de l'Etat ! Mais à part ça qu'apporte-t-elle ? L'innovation est partout ? mais encore, quelles sont ses caractéristiques, ses domaines, ses mécanismes ?
Les SPL sont le vecteur de la petite innovation qui deviendra grande grâce aux pôles de compétitivité ? Je veux bien le croire. Mais comment fait-on pour faire de la petite innovation ? quels sont les outils ? est-on sûr que les pôles de compétitivité vont s'intéresser à cette innovation bottom up et pour ainsi dire prolétaire ? Il est temps d'ouvrir un débat concret sur ces points !
Pour conclure, je reviens sur une information (source http://www.internetactu.net) qui devrait interpeler l'auteur de cette lettre : Monsieur Navi Radjou, vice-président de Forrester Research, (www.forrester.com/Research) une société d'études américaine basée à Cambridge (Massachusetts) nous dit que « Les entreprises françaises sont sur le point de révolutionner leur façon d'innover ." Parmi ses arguments, un des plus importants est l'émergence de réseaux d'innovation utilisés par les entreprises et liant l'entreprise à ses clients et à ses fournisseurs (http://www.01net.com/editorial/325000/etude/quan!d-l-innovation-francaise-est-citee-en-exemple/) ça commence fort ... mais après, ça se corse ! " Les pôles de compétitivité sont trop centrés sur l'invention et non sur l'innovation. Et quand j'ai appris que l'Agence de l'innovation industrielle allait financer les grandes entreprises, j'ai rigolé !" (D'après Annie KAHN - article paru dans Le Monde daté du 30 août 2006, www.lemonde.fr)