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Jeudi 26 octobre 2006
Les différentes réactions de Pierre Chapignac, Samuel Leblond, Paulette Pommier et Yves Jouot mettent en évidence deux questions; l’une portant sur l’innovation technologique, l’autre portant sur la dynamique du groupement permettant de développer une culture de l’innovation.

Avec la première il y a un problème de fond, aggravé dans un pays où le modèle industriel fondé sur la technologie reste l’archétype de l’entreprise pour certaines élites éprises de rationalités scientifiques et techniques aussi bien que juridiques et administratives.

L’expression “innovation technologique” est contradictoire. L’innovation c’est un changement dans une société, dans sa culture et ses usages. Elle fait appel à des processus sociologiques et culturels dont font partie les usages et aussi les activités commerciales. Les inventions technologiques peuvent en être des moyens ou [Lire la suite]
Par L'équipe du CDIF - Publié dans : Page d'accueil
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Commentaires

Les différentes réactions de Pierre Chapignac, Samuel Leblond, Paulette Pommier et Yves Jouot mettent en évidence deux questions; l’une portant sur l’innovation technologique, l’autre portant sur la dynamique du groupement permettant de développer une culture de l’innovation.

Avec la première il y a un problème de fond, aggravé dans un pays où le modèle industriel fondé sur la technologie reste l’archétype de l’entreprise pour certaines élites éprises de rationalités scientifiques et techniques aussi bien que juridiques et administratives.

L’expression “innovation technologique” est contradictoire. L’innovation c’est un changement dans une société, dans sa culture et ses usages. Elle fait appel à des processus sociologiques et culturels dont font partie les usages et aussi les activités commerciales. Les inventions technologiques peuvent en être des moyens ou des opportunités éventuelles, pas plus, sauf dans les milieux technologiques. Il y a là une croyance idéologique problématique puisque l’innovation technologique est encouragée même hors de propos et l’innovation véritable beaucoup moins sinon pas du tout. Erreur politique et stratégique sans doute.

L’autre question est celle de la dynamique des groupements et la culture de l’innovation. Il s’agit là d’un problème majeur.

Il ne faudrait pas voir les groupements comme de simples arrangements rationnels comme on le justifie trop souvent : clusters, SPL, pôles de compétitivité... Ce n’est pas l’arrangement rationalisé, suscité par quelque dispositif opportuniste qui peut créer une quelconque dynamique et une quelconque créativité. Il faut pour cela notamment deux choses : une source endogène et une source exogène.

La première s’appuie sur les “racines culturelles” du groupement, c’est-à-dire son ancrage en général dans une communauté culturelle territoriale (quelques fois professionnelle). L’exemple basque espagnol cité est très significatif. C’est le “Sens du bien commun” de la communauté territoriale qui est le moteur endogène du groupement et son développement.

La seconde source est exogène, c’est par exemple le marché et les mutations qui s’y produisent. L’innovation sur ces marchés est le second moteur du développement collectif. Les exemples du pôle Enfant et du SPL Profession Mode le montrent.

Moteur amont, moteur aval qu’est ce qui les relie? La vocation du groupement. C’est dans une vocation originale ancrée dans la culture territoriale, ses valeurs et ses talents et potentiels humains que se trouve la source de la créativité collective, l’intelligence collective comme on dit aujourd’hui. C’est la première source de l’innovation : le désir d’exprimer son originalité et la mettre en valeurs. La vocation du groupement se définit aussi à l’aval par le type de valeurs et de services qu’elle apporte à ses marchés. C’est là le terrain de l’innovation.

La technologie là-dedans? il arrive qu’elle ait des sources culturelles dans certains bassins spécialisés. il arrive qu’elle définisse un marché spécifique. mais le plus souvent c’est un moyen opportun pour le groupement de mieux accomplir sa vocation, originalité, qualité, productivité.

En définitive c’est bien la dynamique communautaire du groupement qui est la clé d’une culture de l’innovation. Elle repose sur la reconnaissance d’une vocation propre, originale et créative, ancrée d’un côté dans une culture territoriale et son développement et de l’autre investie dans l’innovation permanente inhérente au monde en mutation qui est dorénavant le nôtre.

C’est cette “ingénierie communautaire” qu’il faut encourager, dont il faut développer la connaissance et les savoir faire. C’est la “gouvernance communautaire” des groupements d’entreprises qui est la clé de leur développement et d’une culture de l’innovation. L’invention “technologique” n’en est qu’un moyen accessoire même s’il est quelques fois décisif.

Pour approfondir :
L’innovation technologique une contradiction sémantique

Groupements d’entreprises et développement, l’alternative de la réussite ou de l’échec annoncé

Commentaire n°1 posté par Roger NIFLE le 26/10/2006 à 15h35

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